Les villas de la Belle Époque au Touquet :
une galerie à ciel ouvert
Tourelles, colombages, bow-windows et toits en ardoise. Le Touquet abrite l'un des
patrimoines architecturaux balnéaires les plus riches de France du Nord.
On ne regarde pas assez vers le haut au Touquet. Ceux qui gardent les yeux rivés sur la mer et la plage passent à côté d'une autre beauté, plus discrète mais tout aussi saisissante. Cachées sous les pins ou alignées le long des grandes avenues, plusieurs centaines de villas racontent l'histoire d'une station qui fut, dans les années folles, l'une des plus mondaines d'Europe. Une galerie à ciel ouvert, qu'on parcourt à pied ou à vélo, avec l'impression à chaque virage de tomber sur quelque chose de plus beau que ce qu'on venait de quitter.
Comment le Touquet est devenu ce qu'il est
Tout commence en 1837 avec un notaire parisien. Alphonse Daloz acquiert un vaste espace dunaire à l'embouchure de la Canche et entreprend de planter des pins maritimes pour fixer les dunes, créant ainsi la forêt qui caractérise encore aujourd'hui la station. C'est parmi ses amis parisiens qu'il invite régulièrement pour des parties de chasse que l'idée d'une station balnéaire germe.
Après son décès, le domaine passe entre les mains de l'homme d'affaires anglais John Whitley, qui rachète les terrains aux enchères en 1902 et obtient finalement la création officielle du Touquet-Paris-Plage en 1912. C'est ce double héritage franco-anglais qui explique tout : le caractère unique de l'architecture touquettoise, ni tout à fait française, ni tout à fait britannique, mais quelque chose qui tient des deux.
L'entre-deux-guerres marque le passage de la station balnéaire à une cité plus mondaine, dédiée au sport et à l'élégance. Cette évolution se lit dans la diversité architecturale des villas aux noms fantaisistes, du néogothique au néoclassicisme, du style normand à l'Art déco le plus audacieux.
Les styles architecturaux du Touquet
Le Touquet concentre sur quelques kilomètres carrés l'ensemble des courants architecturaux qui ont marqué la fin du 19ème et le début du 20ème siècle. C'est ce qui en fait un cas unique en France du Nord.
Le style anglo-normand est le plus répandu. Ces maisons se distinguent par leurs toits en pente, leurs colombages, leurs briques rouges et leurs cheminées imposantes. Les bow-windows, ces fenêtres en saillie qui captent la lumière sous tous les angles, sont omniprésents. Tout comme les tourelles, les pignons exubérants et les épis de faîtage qui signent les toitures. Chaque villa est une variation sur le même thème, et aucune ne ressemble à sa voisine.
L'Art déco s'impose pendant les Années Folles. Lignes géométriques, formes simplifiées, volumes francs et audacieux : les architectes de l'époque rivalisent d'imagination pour construire des bâtiments surprenants qui font aujourd'hui toute la richesse et la fierté de la station. L'Hôtel Westminster, bâti de 1924 à 1926 selon les plans d'Auguste Bluysen, en est l'exemple le plus visible depuis la rue.
Quelques villas à ne pas manquer
De l'architecte Anatole Bienaimé. Architecture normande typique avec ses colombages, ses pierres de Marquise et de briques, ses toits élancés et ses épis de faîtage. Inscrite à l'inventaire général du patrimoine culturel.
De Louis Quételart, architecte emblématique de la station. Les deux pignons accolés forment un M, logo de son cabinet. Façades et toitures classées aux Monuments Historiques, murs bleus d'origine.
Une façade rose en forme de visage qui mêle joyeusement Art Déco et influences cubistes. L'une des villas les plus photographiées de la station, et l'une des plus surprenantes.
Superbe exemple d'architecture éclectique mêlant influences Renaissance et Second Empire. Façade imposante, ornementation raffinée, édifiée pour une clientèle fortunée qui faisait du Touquet son terrain de jeu.
Et pour ceux qui aiment les noms, le Touquet n'est jamais en reste : "Haec Otia" dont la devise latine gravée au-dessus de la cheminée se traduit par "Dieu a fait pour nous ces loisirs", "La Rafale", "Thalassa", "Phébus", "Saint-Augustin". Chaque nom raconte une époque, un propriétaire, une fantaisie.
Comment découvrir ce patrimoine
Trois façons de parcourir ce patrimoine, selon l'envie du moment et le temps disponible.
Entre dunes et forêt de pins au Touquet, à deux heures de Paris. Tribe ****, Mercure ****, ibis Styles ***. À 2h de Paris, 1h15 de Lille, 1h45 de Bruxelles. Consulter les disponibilités →
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